samedi 1 mai 2010

2001, l’odyssée de l’espace, Stanley KUBRICK, 1968.

Le thème du détour prend plusieurs aspects dans l’œuvre de Kubrick. Au premier degré, nous avons ce voyage de Bowman vers Jupiter à la recherche du troisième artefact. Le premier a éveillé l’Homme, le second placé sur la Lune prévient les extraterrestres de l’entrée dans l’âge spatial et le dernier conduit le survivant du vaisseau dans une autre galaxie. Mais le cheminement de Bowman est aussi intellectuel et métaphysique. Confronté à la solitude, à un ordinateur fou, puis à sa métamorphose de la dernière séquence du film, il renaît transformé après avoir survécu à une quête initiatique voulue par des êtres que l’on ne verra jamais. Le film apparaît donc comme essentiellement visuel, métaphorique, symbolique et elliptique. L’évolution humaine suggérée dès les premières images se fait par bonds successifs et non pas de manière continue. D’où l’ellipse temporelle qui accélère le récit en faisant passer quatre millions d’années d’un seul coup avant de placer l’intrigue dans les derniers mois avant l’évolution suivante. 

Les détours du discours.

Le temps de la narration et le temps du récit sont rarement en phase totale dans un roman ou un film. L’intrigue peut ainsi être soit ralentie (par des portraits, des descriptions, des analepses ou des contrepoints), soit accélérée (par des ellipse ou des prolepses). L’analepse (flash-back) est un procédé qui permet au narrateur de faire un bond dans le passé pour raconter un élément qui va servir à la bonne compréhension du récit. Le film Pulp Fiction de Quentin Tarantino ne fonctionne que sur une structure par analepses enchâssées en étant quasiment construit à l’envers pour finalement revenir à la première scène. Dans le film 2001,l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, une longue ellipse de plusieurs millions d’années sépare la première apparition d’un monolithe au début du film, de celle de la station spatiale. 

mercredi 28 avril 2010

Avoir 20 ans en 2010.

Le Hors-Série d’Alternatives Economiques du mois d’avril 2010 est consacré au phénomène de « Générations ».

Vous pouvez lire quelques articles par ici 

dimanche 25 avril 2010

Quelques tableaux.


La Famille Gravenor (1752-1754), tableau de Thomas Gainsborough, représente la bourgeoisie anglaise montante dans un cadre naturel, qui reflète les goûts de l’époque pour la campagne, d’autant plus appréciée qu’elle est menacée par l’industrialisation du pays.
Gravenor, pharmacien enrichi, s’est lancé dans la politique, il s’agit donc de montrer son importance nouvelle, qui apparaît dans la dignité des attitudes ou l’élégance des tenues portées par son épouse et ses filles. Il est représenté avec sa famille, ce qui rappelle les valeurs de la bourgeoisie.


Le Fils ingrat et Le fils puni de Jean-Baptiste Greuze (1778)
Le Fils ingrat et Le fils puni de Jean-Baptiste Greuze (1778) constituent un diptyque intitulé La Malédiction paternelle, aujourd’hui exposé au Louvre. Greuze s’inspire de la parabole biblique du « Fils prodigue ». Ce diptyque est représentatif de la peinture morale de Greuze.
Le Fils ingrat représente une scène familiale : un fils qui s’apprête à quitter la maison est maudit et renié par son père. Le Fils puni fait suite à ce premier tableau : le fis revient à la maison et découvre avec douleur que son père est sur son lit de mort et qu’il est trop tard pour renouer les liens rompus.


La Création de l’homme, Michel-Ange, 1508-1512
De 1508 à 1512, Michel-Ange se consacre au plafond de la Chapelle sixtine du Vatican, que le Pape lui a commandé. Pour ce plafond, il crée une fresque monumentale, représentant des scènes et des personnages de l’Ancien Testament.
La Création de l’homme fait partie des fresques centrales consacrées à la création du monde par Dieu, la « Genèse ». Cette représentation de la création d’Adam est la partie la plus célèbre du plafond. Elle montre Dieu tendant la main à Adam et lui communiquant la vie par le contact des doigts.



Saturne dévorant un de ses enfants, Francisco Goya, 1820-1823

Saturne dévorant un de ses enfants est un tableau de Francisco Goya peint entre 1820 et 1823. Ce tableau représente le dieu romain Saturne (Cronos pour les Grecs) en train de dévorer un des ses enfants. La bouche grande ouverte et les yeux exorbités, le dieu-monstre s’apprête à dévorer un corps déjà en partie déchiqueté et ensanglanté. Pour le mythe lire plus ici.

Quelques problématiques pour le thème « Génération(s) »

-          - Comment coexistent les générations ?

-          - Quelles valeurs sont pérennes, lesquelles sont obsolètes ?

-          - Quelles valeurs la « crise » génère-t-elle ?

-          - Y a-t-il « une famille » ou « des familles » ?

-          - Comment vit-on sa pluralité culturelle ?

-          - Comment la famille évolue-t-elle ?

-          - Comment se définit l’entrée dans l’âge adulte ?

-          - Les catégories de classes d’âge sont-elles bien définies ?

-          - Qu’est-ce qui définit le patrimoine d’un pays ?

-          - Comment notre lignée familiale nous construit-elle ?

-          - Qui définit une « génération » ?

-          - Comment les modes naissent et meurent ?

L’Esquive, Abdellatif Kechiche (2004)

Ce film a remporté quatre César en 2005.
Abdelkrim, dit « Krimo », vit dans une cité HLM de la banlieue parisienne. Il traîne son ennui avec sa bande s’amis, dont Eric, jusqu’au moment où il découvre Lydia dont il tombe amoureux. Pour la séduire, il va tenter de jouer Arlequin dans la pièce de Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard. Ainsi, le réalisateur utilise le détour de la littérature du XVIIIe siècle pour nous parler de la réalité du XXIe siècle.

samedi 24 avril 2010

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, 2003

Aux frontières du surnaturel et de la réalité, ce roman développe une double quête, celle de Nakata issu de la génération détruite par Hiroshima et celle de Kafka Tamura, enfant d’une génération sans passé. Tous les deux incarnent un Japon coupé de ses racines qui se cherche un avenir.
Kafka Tamura est un adolescent fugueur que la route va amener chez Mlle Saeki, une bibliothécaire quinquagénaire. Nakata, simple d’esprit, a soixante ans et sait parler aux chats depuis un étrange accident survenu en 1944. Tous deux suivent des chemins parallèles qui les conduisent entre réel et irréel.
Fondé sur de multiples quêtes initiatiques, oniriques, personnelles et métaphysiques, qui s’imbriquent et se croisent, Kafka sur le rivage est aussi un roman du questionnement, une mise abyme de l’art et une vaste fresque contemporaine que mettent en valeur l’immense culture de l’auteur et sa capacité à évoquer les petits riens de la vie qui en font toute la saveur. On suit les différentes intrigues en, essayant de comprendre derrière les apparences, les intentions des personnages et le but de leurs quêtes. Si les chemins paraissent distincts, une vérité immanente semble pousser les deux personnages vers de buts proches.
L’utilisation d’une double narration qui crée des détours narratifs parfaitement maîtrisés accentue ce mélange entre réel et irréel. Le récit de Kafka est en effet écrit à la première personne du singulier et au présent, tandis que celui de Nakata se déroule à la troisième et au passé. A cela s’ajoute la présence d’extraits de journaux er de rapports de police au début du roman qui donne l’impression de suivre une enquête aux éléments inexplicables. 

lundi 12 avril 2010

Le Festival Woodstock- 1969



Le Festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair, ou Woodstock) est un festival de musique et un rassemblement emblématique de la culture hippie des années 1960. Il eut lieu à Bethel sur les terres du fermier Max Yasgur aux États-Unis, à une soixantaine de kilomètres de Woodstock dans l'État de New York.
Organisé pour se dérouler du 15 au 17 août 1969 et accueillir 50 000 spectateurs, il en accueillit finalement plus de 450 000, et se poursuivit un jour de plus, soit jusqu'au 18 août 1969 au matin.



Le festival accueillit les concerts de 32 groupes et solistes de musiques folkrocksoul et blues. Le budget de rémunération des artistes atteignit au total 200 000 dollars. C'est un des plus grands moments de l'histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les « 50 moments qui ont changé l'histoire du Rock and Roll » Par ici pour plus d'infos.